Vous je ne sais pas, mais moi je me souviens dans mon enfance des vies de Saints qu’on me donnait à lire. Dans ces biographies pour enfants, souvent en bandes dessinées, le futur saint se distingue dès son premier âge par une aptitude à dire Jésus ou Marie avant même d’avoir su dire Papa ou Maman, par leur désir d’être consacré à Dieu dès l’âge de 3 ans etc etc. Ma petite et bien faible intelligence de l’époque me disait que tout cela n’était pas très crédible : soit on cherchait à m’enfumer, soit j’étais définitivement fichu pour la sainteté…

Or, plus tard, on m’a beaucoup dit aussi que j’étais, comme tout chrétien, appelé à la sainteté…. Oui mais comme mes premiers mots ont dû être « arheu », « miam miam », ou  « non », que mes premiers désirs étaient plutôt de chiper le camion de mon frère ou de cogner ma sœur, … comment faire ?

En y regardant d’un peu plus près, finalement les Saints, et notamment les apôtres, sont assez loin de la perfection : râleurs, misogyne, belliqueux, etc … on trouve de tout parmi les saints.

Alors quel est leur secret ? Peut-être est-ce justement d’avoir accepté cette imperfection, de l’avoir accueilli comme un don de Dieu, au même titre que leurs rares qualités. Etre un saint est peut être juste de savoir que notre imperfection est voulue par Dieu, pour que son immense Amour puisse se déployer au travers de nous… car si nous étions parfaits, nous n’aurions pas besoin de Lui et de son Amour.

Recette du jour : devenir un Saint en quelques minutes …

  1. J’énumère tous mes défauts (zut il me faudra beaucoup plus d’une journée pour cela)
  2. Je les reçois comme un don de Dieu (moi j’ai été plutôt gâté de ce côté-là)
  3. Je les offre à Dieu pour ne plus les vivre comme un fardeau mais comme une possibilité que Dieu me donne de laisser son Amour agir en moi et me transformer
  4. Je n’oublie jamais que le bien que je fais, c’est l’Esprit qui me l’a soufflé, et que pour le mal, je me débrouille comme un grand tout seul.
  5. J’évite de la ramener sur ma prétendue foi, la longueur de mes phylactères, ou les titres ronflants que l’on me donne…

 

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu 23,1-12.

Jésus déclarait à la foule et à ses disciples :
« Les scribes et les pharisiens enseignent dans la chaire de Moïse.
Pratiquez donc et observez tout ce qu’ils peuvent vous dire. Mais n’agissez pas d’après leurs actes, car ils disent et ne font pas.
Ils lient de pesants fardeaux et en chargent les épaules des gens ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt.
Ils agissent toujours pour être remarqués des hommes : ils portent sur eux des phylactères très larges et des franges très longues ;
ils aiment les places d’honneur dans les repas, les premiers rangs dans les synagogues,
les salutations sur les places publiques, ils aiment recevoir des gens le titre de Rabbi.
Pour vous, ne vous faites pas donner le titre de Rabbi, car vous n’avez qu’un seul enseignant, et vous êtes tous frères.
Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux.
Ne vous faites pas non plus appeler maîtres, car vous n’avez qu’un seul maître, le Christ.
Le plus grand parmi vous sera votre serviteur.
Qui s’élèvera sera abaissé, qui s’abaissera sera élevé.