Vous je ne sais pas mais moi, j’aime bien que les choses avancent. Comme les gens de mon temps, je vis beaucoup dans l’instant, je souhaite que les gens soient efficaces… je me persuade que je n’ai pas trop de temps à perdre, que je fais de choses importantes donc que mon temps est compté.

Et pourtant, c’est justement lorsque je m’octroie le droit de perdre du temps que je vis les plus grands miracles d’efficacité. C’est lorsque je ne cherche pas à tout contrôler, que je me laisse aller à l’imprévu que la rencontre ou le présent me permettent de vivre, que je porte un fruit que je ne pouvais même pas imaginer. Initier une discussion de travail avec une personne sans savoir où cela va me mener, en restant ouvert à ce que mon interlocuteur va exprimer comme « être » et non comme avoir, à prendre le temps de le laisser aller à son rythme, en suivant les méandres de son esprit (surtout s’il me semble parfois brumeux)…. Quel manque d’efficacité apparent ! Pourtant, je sais déjà (pour l’avoir déjà expérimenté) que la relation établie en ces moments où je lui ai donné ce que je «suis» et non pas ce que j’«ai», est beaucoup plus féconde que toutes les relations de travail que je peux établir en général, en cherchant juste à être efficace. Et il me suffit de regarder le sourire de la personne en face pour savoir que j’ai peut-être porté de bons fruits…. Alors qu’une réunion de travail efficace finit souvent sur des visages plus tendus, ou sur de faux sourires, comme si nous avions croqué dans de mauvais fruits acides…

A défaut d’être parfait aujourd’hui, Il me demande juste d’être un peu moins imparfait qu’hier.

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 7,15-20.

Comme les disciples s’étaient rassemblés autour de Jésus, sur la montagne, il leur disait :  » Méfiez-vous des faux prophètes qui viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups voraces.
C’est à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. On ne cueille pas du raisin sur des épines, ni des figues sur des chardons.
C’est ainsi que tout arbre bon donne de beaux fruits, et que l’arbre mauvais donne des fruits détestables. Un arbre bon ne peut pas porter des fruits détestables, ni un arbre mauvais porter de beaux fruits.
Tout arbre qui ne donne pas de beaux fruits est coupé et jeté au feu.
C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez.